« L’euthanasie politique annoncée du débat bioéthique »
Par M. Emmanuel Hirsch le vendredi 20 mai 2011, 08:31 - 1-Bioéthique en général - Lien permanent
Alors que le projet de loi de bioéthique va être examiné en deuxième lecture à l’Assemblée nationale du 25 au 27 mai, Emmanuel Hirsch - Professeur d’éthique médicale à l'université Paris-Sud 11 - partage son point de vue sur l'enjeu de ce débat et appelle à un sursaut d'intelligence et de courage de la part des députés.

Question de courage et d'intelligence
Sensation ou pressentiment étrange : un rendez-vous manqué, un renoncement... En effet, le projet de loi adopté par le Sénat début avril - et repris sur des points essentiels par la commission spéciale de l'Assemblée Nationale - manque de courage éthique et relève d'un véritable désistement. Qui peut soutenir que le projet de loi, soumis au vote des députés les 25-27 mai prochains, a bénéficié d’une exigence et d’un courage qui s’avéraient pourtant indispensables à cette révision législative ? Ne relève-t-il pas d'un dispositif approximatif fait d’incantations et de pauvres résolutions ? Ne satisfaire personne n’est en rien indicatif d’une méthode et de positions à la fois crédibles et significatives. Nul doute, la ligne de conduite du Sénat fut le pragmatisme. Or, la bioéthique, puisqu'elle touche à la vie des plus vulnérables, mérite infiniment mieux. Elle appelle tout simplement la mise en commun réfléchie d’intelligences et de compétences dans le cadre d’un questionnement partagé.
Pour un sursaut d'intelligence
Une loi cadre était annoncée pour compenser l’abrogation programmée du processus régulier de révision. L’exercice pourrait s'avérer impraticable. Des enjeux supérieurs semblent s'imposer au législateur qui, pour le moment, privilégie plutôt l’esquive, la discrétion et la subtilité d’un « toilettage » sans ambition, un service minimum qui a tout l’air d’un désistement. N'est-il pas appelé à un sursaut d'intelligence, seule capable de favoriser le progrès médical et de respecter la dignité humaine, selon le beau titre du rapport parlementaire publié en 2010 ?
Un enjeu de démocratie
Du reste, il s’agit là probablement de la rupture la plus décisive dans la dynamique d’une concertation autrefois estimée nécessaire pour légitimer les principes mêmes et l’acceptabilité sociale d’une loi portant sur des domaines aussi sensibles, complexes et évolutifs. L’attention démocratique, la valeur d’une confrontation argumentée d’opinions et d’expériences, le souci de pédagogie de la responsabilité partagée, sont ainsi légalement révoqués dans la rédaction actuelle du projet de loi. De quoi satisfaire ceux qui ne supportaient plus d’avoir à justifier publiquement, en dehors du cénacle très fermé des compétents, leurs projets scientifiques. Ils déploraient que l’on conteste l’éminente valeur de pratiques incontestables, entravant de manière tragique des avancées toujours indispensables dans un contexte de compétition scientifique et de pressions financières inconciliable avec les subtilités d’ordre moral. Le couperet risque donc tomber dans quelques jours.
Les états généraux de la bioéthique de 2009 sont relégués au magasin des accessoires à la manière d’un « printemps de la démocratie » dont on fixe de manière arbitraire l’arrêt subit. Désormais l’Agence de la biomédecine, qui assure déjà la gestion administrative de nombre d’activités biomédicales, serait dotée de l’autorité dont se démet le parlement en abdiquant de ses responsabilités en matière de bioéthique. Personne n’accorde le moindre crédit à ces quelques dispositions hâtivement préconisées pour dissimuler bien maladroitement et sans conviction une débâcle. Elles donnent à croire que les procédures de contrôle, de gouvernance, les rapports annuels permettront un suivi et une régulation mieux adaptés et donc plus efficients à tous égards. Il aurait été plus honnête d’affirmer explicitement que les enjeux des sciences biomédicales sont affaire trop sérieuse et politiquement sensible pour être soumis à des arbitrages démocratiques. La réflexion bioéthique risque de nous être ainsi confisquée, confiée demain aux cercles d’experts habilités par l’Agence de la biomédecine. Les autres, ceux qui par fidélité à une conception forte de la vie démocratique considèrent comme un devoir de ne pas abdiquer de leurs responsabilités, risquent ainsi se trouver dans une position de marginalité et peut-être, face à certains choix non concertés, de résistance. Il sera dès lors aisé de stigmatiser leurs positions, de les disqualifier, de les caricaturer.
Pour un véritable débat
Les premières analyses tirées de la catastrophe naturelle qui a éprouvé les Japonais le 11 mars 2011 font apparaître de manière évidente que la carence en débats approfondis et donc en procédures de sensibilisation et de formation de la société aux enjeux qui déterminent son devenir, contribue directement à des prises de décisions contestables qui mettent en cause, à un moment donné, l’intérêt général. Les parlementaires qui par leur vote dans quelques jours risquent de révoquer l’intelligence de cette approche démocratique de la concertation bioéthique, donneraient de surcroît un nouveau signal délétère à la société. Car il s'agirait en fait, au-delà de l’euthanasie politique du débat bioéthique, d’une forme de renoncement au souci du bien commun, de l’anéantissement d’un des rares débats publics qui permettent d’aborder ensemble les questions humaines et sociales indispensables, de repenser nos conceptions de la personne humaine, de nos valeurs sociales et de nos responsabilités. Gageons qu'ils sauront faire preuve de courage politique et de responsabilité. Rien n'est joué encore définitivement, que le pari de l'espérance nous soit permis !
Emmanuel Hirsch
Professeur d’éthique médicale, université Paris-Sud 11
A lire : Traité de bioéthique, 3 tomes poche, sous la direction de E. Hirsch, Erès
Commentaires
merci pour tous ces articles que je lis avec intérêt. bravo d'être toujours sur " le front " : votre parole doit être entendue !
pour un vrai débat politique, il faut effectivement que les voix s'expriment :
un seul exemple : prenant le modèle de la lettre proposée par l'ADV pour exprimer ses positions sur les sujets, j'ai écrit à nos 7députés ( Ile et vilaine ).
Seuls 2 ont répondu à ce jour, et ce sont ceux qui poussent à la légalisation de la recherche sur l'embryon, car ils ne croient pas que l'embryon puisse être une personne à part entière, à l'adoption par des couples homosexuels, se fondant sur l'affectif comme principal élément de croissance dont a besoin l'enfant...etc.
alors, j'espère que ceux qui promeuvent la protection de la vie dans tous ses états seront présents le jour J pour faire passer leurs voix !
A mon humble avis, le débat se perd un peu parfois, se décentre de la personne de Dieu lui méme (et de son dessein).
C'est Dieu qui fait naitre les enfants, et quand ont fait un dépistage sur un ambryon, c'est comme si on faisait une fouille corporel sur la personne de Dieu. Dans l'esprit c'est comme si on lui fouillait ses poches, pour voir s'il nous a rien volé.
Il faut bien comprendre le poid et le sens de ce que l'on fait, dans la vérité de l'esprit (devant Dieu).
N'est ce pas Dieu qui fait toutes choses ? N'est ce pas à lui qu'appartiennent (en vérité) les domaines sacrés de la vie ? N'est ce pas en le respectant lui, que l'on s'assure le bon déroulement des événements ?
Pourquoi toutes choses sont montré, pourquoi des gens méprisent (ou négligent) la vérité divine, n'est ce pas justement pour donné toute leçon ? N'est ce pas par Dieu que toute cela est ?
Bonjour,
Pourquoi se plaindre ?
Par rapport à la gravité de cette loi, j'ai constaté que les Evêques de France sont restés un fois de plus complètement silencieux dans leur grande majorité.
Pour faire passer ses crapuleries la franc-maçonnerie à donné un mot d'ordre : Ne jamais prononcer le mot "Clonage humain" !
Les politiques tous partis confondus ont suivi comme un seul homme. Une seule exception : Bernard Debré lors de sa visite en Gironde...
Les médias aux ordres ont suivi aussi...
Les Evêques de France n'ont rien dit non plus !...
Et les associations catholiques pro-vie ont suivies aussi.
Le bilan est comme cela !
Durant ces derniers mois de discussion à l'Assemblée et au Sénat, on compte moins d'une dizaine de commentaires de nos Evêques... C'est grave et même dramatique.
Cette loi passoire est une victoire de plus de la franc-maçonnerie vers l'abomination de la désolation, une transgression suprême, une offense à notre Créateur.
Ainsi, il ne nous reste que la prière et le martyre.
Respectueuses et fraternelles salutations
Hercule
P.S. 1 - A votre avis durant combien de temps mon commentaire va-t-il rester sur ce site ? ou, dit autrement, comment faire taire les gens lorsque l'on a rien à dire ?
P.S. 2 - Au sujet de la vache clonée d'Argentine dont on parle ces jours-ci sur les médias et qui devrait produire du lait "humain", j'ai reçu ce commentaire reçu sur mon mail :
La petite nuance c'est qu'en ce qui concerne cette vache, ce n'est pas du clonage (et encore moins du clonage humain) c'est une vache transgénique incluant des gènes humains, en gros une VGM (vache génétiquement modifiée) sous ensemble des AVM (animal génétiquement modifié) à l'instar des OGM (par exemple le maïs), si courageusement combattue par Bové.
L'Inra en France connaissait le lait de vache clonée et a étudié les conséquences sanitaires pour la consommation après observations des publics (non avertis) qui les achetait au supermarché. L'étude n'est évidemment pas disponible
Le Clonage humain est un sujet d'un autre ordre autrement plus alarmant : l'homme "fabrique" des hommes par clonage. Car la technique du clonage induit que, au lieu du fait que l'embryon soit "fait " par fusion de gamètes biologiques du père et de la mère (ordre naturel de la création de la vie humaine), l'embryon du clone est "fait" par fission nucléaire d'une cellule totipotente (qui contient tout le patrimoine biologique de la personne qu'on veut "reproduire") par arcs électriques et envois de substances chimiques adéquates pour provoquer la division-fission.
La division du génome humain est le commencement de la vie ; elle intervient, naturellement au sens propre du mot, lors de la fécondation au moment où l'enfant reçoit une âme spirituelle créée, surnaturellement, par Dieu, comme le dit Jean Paul II "au moment de l'apparition du génome" plusieurs heures après la fécondation, que cette animation suscite, évidemment, Car Dieu est Notre créateur et nos parents nos "procréateurs", donc qui ne font que déposer, dans l'amour, ce que l'Union de la nature et la surnature, du biologique et de l'incréée, du visible et de l'invisible, du temporel et de l'éternel, vont créer.
La fission se fait jusqu'à ce que la division puisse apparaitre et se reproduire. Dire que c'est impossible, comme le disent des médecins et autres occulteurs, relève du plus grand aveuglement : pourquoi réussit on alors depuis 1920 (par un médecin nazi qui opérera ensuite sur des femmes dans les camps de concentration nazis) le clonage de grenouilles était obtenu, et après la guerre de vaches (l'affaire de la brebis Dolly ne fait que ressortir médiatiquement ce que en laboratoire on savait faire et on faisait sans le publier).
Quelle sorte d'homme va donner le clone humain ? Beaucoup semblent dire qu'il s'agira d'un être profondément traumatisé... il y a de quoi ! D'autres disent que des clones existent et ont été confiés à des parents (ou à des chambres d'isolement avec des dizaines d'experts bio psy et médico) : les résultats sont catastrophiques et aboutissent à des hommes très très violents, parenticides dans tous les cas dit "d'adoption".
Que dire de l'intrusion du bio-généticien qui crée ce clone dans le "Lieu " et l'"Instant" où Dieu crée une âme spirituelle, qui fera de ce clone un "être humain", quand bien même il serait profondément "inhumain" ? Inéluctablement, non par sa faute propre (il s'agit d'un nouveau martyre sur l'autel du Diable en personne !) mais du fait de la manière dont il aura été "fabriqué ", très très violemment et hors de l'ordre naturel. C'est proprement une violation de la création de l'homme, un sacrilège par rapport à une Présence active substantielle du Créateur de Tout et de tous...
Si probablement Dieu le permet (sinon il ne créerait pas d'âme spirituelle) ceci est prévu dans Son Plan sur la Création qui doit s'achever, passer par l'Abomination de la Désolation (qui selon certains pourrait être justement ce Sacrilège par lequel l'homme entre dans le Sanctuaire de la Création réservée à Dieu seul et ou Il est substantiellement présent : Shiqoutsim Meshomem en hébreux dans la Bible en Daniel ch 9 puis 11 puis 12 , repris dans les évangiles), la venue de l'Antichrist (un clone ou le créateur du clone ?) et tout ce que l'Ecriture dit de ces temps.
Les conséquences sociales, anthropologiques, cosmiques, psychologiques, etc. du clonage ne sont que des dégâts collatéraux gravissimes certes mais qui ne rendent visibles que des effets dont la cause est occulte et par là invisible et cachée aux hommes... (Surtout si ils ne veulent rien entendre sur le sujet lors même que la Loi bioéthique en France ouvre un boulevard aux bio généticiens pour fabriquer des clones, les développer et faire advenir le royaume d'une société du gender, espèce humaine sans père ni mère ni besoin de la différenciation sexuelle pour transmettre la vie, comme cela fut de génération en génération depuis des siècles et des siècles. Amen
bbb
La ministre de notre république démocratique qui lança le débat sur la bioéthique avait bien prévenu en 2009 qu'il ne s'agissait en aucune manière de prendre en compte l'opinion majoritaire ni de remettre en cause le droit à l'avortement c'est à dire le statut de non personne de l'embryon, ce qui signifiait que le résultat était connu d'avance et indépendant du débat car tout prend racine dans l'humanité du foetus.
C'est vrai que l'Eglise catholique en France a été très timorée dans ses réactions qui furent celle uniquement de Mgr DORNELAS puis quelques réactions de fin de course. Mais lors du mouvement contre l'avortement prôné par notre Pape, la CEF a été aussi plus que timorée.
Seules les Eglises de Pologne, d'Irlande et de Hongrie sont militantes à ce sujet et ces pays subissent les réprimandes et sanction financière des commissaires européens en charge de ces thèmes.
Nous avons exactement le même schéma timoré qui se développe pour la théorie du "gender".