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4-Protocoles de recherche

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jeudi 04 juin 2009

Comment communiquer et informer les patients avant le recueil de consentement dans les études cliniques?

bruno_cazin.jpgLe 13 décembre 2008, 300 personnes étaient réunies à Paris pour une journée de formation sur la bioéthique. Choisies par leur évêque, elles ont eu ensuite pour mission de former et d'informer les chrétiens de leur diocèse. Le père Bruno Cazin répond à l'une des questions posées au cours de cette journée : Comment communiquer et informer les patients avant le recueil de consentement dans les études cliniques?

Le souci d’une information claire, loyale et objective du patient conduit à la rédaction de documents d’une grande précision : ils détaillent les procédures de soins, les examens complémentaires requis, les bénéfices escomptés et les risques possibles. Il est souhaitable que ces documents soient remis au patient plusieurs jours avant le recueil de consentement et l’inclusion dans l’étude, de façon à ce qu'il puisse prendre l’avis de ses proches et consulter son médecin traitant. Parfois, cependant, les circonstances ne permettent pas ce délai de réflexion.

Les informations remises au patient sont très anxiogènes. Elles reprennent notamment tous les effets secondaires observés avec le ou les produits étudiés. L’abondance et la complexité des informations peuvent nuire à la compréhension et entraîner un refus de participation, éloignant ainsi la personne malade de l’accès à des nouvelles thérapies prometteuses.

Le recueil du consentement s'inscrit dans le cadre d'une alliance thérapeutique.

L’information « objective » doit être délivrée par le médecin référent lui-même ou un proche collaborateur, au sein d’une relation respectueuse du patient, de son histoire, du contexte familial et social. Elle est utilement complétée d’explications, de réponses aux questions posées qui permettront de mettre en perspective bénéfices et risques et éclairer le choix du patient. Ainsi le recueil du consentement s’inscrit dans le cadre de l’alliance thérapeutique entre le patient et le médecin, qui seule permet une relation de confiance. Elle ne peut se réduire à une procédure formelle.

Introduire un spécialiste de la communication conduirait à sous-traiter un acte essentiel de la responsabilité médicale à un moment crucial du suivi. Dissocier l’information objective du projet thérapeutique global serait à mon sens, très préjudiciable. Le souci légitime de protéger les personnes malades, par définition vulnérables, ne doit pas conduire à un climat de suspicion.

Les bonnes pratiques de la recherche biomédicale supposent une éthique du soin et de la responsabilité médicale, qu'aucune procédure ou technique d'information ne pourront remplacer.

Père Bruno CAZIN

jeudi 14 mai 2009

Cellules souches de sang de cordon et médecine regénérative.

Le 21ème siècle sera sans doute celui de la thérapie cellulaire et de la médecine régénérative (ou régénératrice): elles consistent à utiliser des cellules humaines afin de réparer ou d’améliorer les fonctions d’un organe endommagé. Aujourd'hui la recherche travaille sur des cellules souches qui sont d'origines différentes; les résultats obtenus sont très hétérogènes selon les lignées suivantes.

  • Les cellules souches embryonnaires : elles sont en général produites à partir d’embryons humains dits « surnuméraires » suite à une fécondation in vitro. Elle entraine la destruction d’embryons humains, à des fins scientifiques voire thérapeutiques, et pose à ce titre de multiples controverses éthiques..
  • Les cellules souches « pluripotentes » induites : aussi appelées cellules « IPS », elles sont fabriquées en laboratoire à partir de cellules adultes comme les cellules de la peau. Le génie génétique permet de transformer ces cellules adultes en cellules souches à des fins de recherche et peut être un jour pour soigner.L’efficacité de cette technique doit être encore améliorée et son innocuité sur le long terme reste à confirmer.
  • Les cellules souches adultes, qui sont isolées à partir de tissus adultes tels que la moelle osseuse, les muscles ou bien les graisses, qui gardent l’âge de leur donneur.
  • Les cellules souches du cordon ombilical et du sang placentaire : le cordon ombilical attaché au placenta contient deux artères et une veine dans lesquelles circulent le sang placentaire, ou sang de cordon ombilical. Ce sang de cordon contient de nombreuses cellules et en particulier les cellules souches sanguines dites « hématopoïétiques ». Ces vaisseaux sont entourés dans le cordon par la gelée de Wharton.

Les cellules souches du sang placentaire sont utilisées depuis plus de vingt ans pour des greffes dites de « moelle osseuse » : on utilise les cellules souches sanguines afin de reconstituer le système immunitaire ou sanguin d’un patient.

Des recherches prometteuses sur les cellules souches du sang de cordon et du cordon

Notre groupe de recherche, et d’autres depuis, a démontré , qu'il était possible en laboratoire d’obtenir une variété de tissu (les tissus nerveux, hépatiques, pancréatiques, osseux, cartilagineux, adipeux) à partir des cellules souches du sang de cordon ombilical et du cordon ombilical. Il est par exemple possible de créer des petit blocks de tissus nerveux ou de foie qui sur le court terme pourraient être utiles pour tester de nouveaux médicaments et sur le long terme permettraient d’offrir des pistes thérapeutiques pour des patients en souffrance cérébrale ou hépatique. De nouveaux essais thérapeutiques émergent dans ce domaine notamment pour le traitement d’enfants atteints d’infirmité motrice cérébrale ou encore de diabète juvénile qui sont traités aux Etats Unis et bientôt en Allemagne pour des malformations cardiaques avec leurs propres cellules souches issues du cordon ombilical ou de son sang.

Avec plus de 130 millions de naissances dans le monde chaque année et plus de 816 000 en France, le cordon ombilical et son sang forment un réservoir exceptionnel de cellules souches facilement accessibles et sans controverse éthique.

En France il n’est possible de donner le sang de cordon ombilical de son enfant que dans quelques maternités affiliées à une banque publique en faisant un don anonyme et gratuit. Contrairement à la plupart des autres pays européens, la France n’a pas créé de cadre spécifique pour encadrer le développement de biobanques privées. Ainsi de plus en plus de parents font le choix de conserver le sang de cordon ombilical de leur enfant dans une biobanque privée à l’étranger pour une utilisation familiale. Une troisième voie de conservation « familiale solidaire » (développée par exemple par la biobanque Cryo-Save) permet aux parents qui le souhaitent de conserver de manière privée le sang de cordon ombilical de leur enfant avec la possibilité de mettre ces cellules à disposition d’un patient compatible.

Ces formidables progrès de la recherche et de la médecine ne pourront se développer que si le sang de cordon et le cordon ombilical ne sont plus considérés comme des déchets mais en donnant la possibilité aux parents de conserver ces cellules au sein de bio-banques spécialisées.

Docteur Nico FORRAZ et Professeur Colin McGUCKIN

Institut de Recherche en Thérapie Cellulaire, Parc Technologique de Lyon-Saint Priest, Rhône.